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Entretien avec Dodo Boureima (version longue)

Grain de sel : Pour répondre à la demande croissante en produits animaux, on entend de plus en plus parler de la nécessité d’une « révolution de l’élevage ». Qu’est ce que cela signifie ? Est-elle nécessaire selon vous et comment doit-elle être menée ?
Dodo Boureima : Il y a quelques années encore, le pastoralisme, qui est le système d’élevage dominant en Afrique, était ignoré et banalisé. Mais aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une certaine résurgence de la reconnaissance des valeurs du pastoralisme. Tous ceux qui chantaient la disparition du pastoralisme se sont trompés.
On assiste à un engagement très fort des organisations d’éleveurs africains pour promouvoir le pastoralisme. Avec le changement climatique et les problèmes liés à la gestion des ressources naturelles, on a compris que le pastoralisme constitue l’alternative la plus durable, en tout cas pour gérer les ressources des terres fragiles du Sahel et des pays semi arides. Je pense donc que c’est véritablement une révolution que de reconnaître les valeurs du pastoralisme. Aujourd’hui, ces valeurs sont connues et identifiées. Seulement, elles ne sont pas encore suffisamment prises en compte dans les politiques de nos pays. Alors qu’il existe d’énormes potentialités en matière d’élevage en Afrique, les objectifs des politiques ne sont pas clairs en termes de promotion du pastoralisme. Il est donc nécessaire que les décideurs soient mieux informés et sensibilisés sur les valeurs du pastoralisme. En outre, le pastoralisme est souvent vu uniquement sous son aspect économique, c’est-à-dire la vente de bétail, de viande, etc. Pourtant, il ne se limite pas à cela. Il faut aller au-delà de cet aspect et comprendre que le pastoralisme contribue considérablement à l’environnement et à la conservation des écosystèmes pastoraux. Le prisme du regard économique ignore par exemple le rôle du pastoralisme dans la conservation des écosystèmes.
Ainsi, la révolution de l’élevage se traduit pour nous, pasteurs, par une évolution des mentalités, car beaucoup de personnes reconnaissent aujourd’hui l’importance du pastoralisme dans nos économies et la gestion de nos écosystèmes. Mais cette révolution ne peut être réalisée qu’à travers des politiques appropriées. Il faut qu’il y ait une reconnaissance de la gouvernance des ressources naturelles par les pasteurs eux-mêmes : ils ont beaucoup d’apports en termes de connaissances, de culture. Il faut aussi que soient clairement identifiés les territoires pastoraux et qu’ils soient gérés dans les conditions les plus appropriées en faisant une alliance entre la gouvernance locale et la gouvernance coutumière. Dès lors qu’il y aura cette jonction entre une reconnaissance politique du pastoralisme et de ses valeurs, une reconnaissance des territoires pastoraux et une gestion concertée mêlant gouvernance pastorale et gouvernance locale, on pourra alors véritablement arriver à faire du pastoralisme une activité durable et rentable.

GDS : Quels sont les avantages comparatifs du pastoralisme par rapport aux autres systèmes d’élevage ?
DB : Il y a quelques années encore, le pastoralisme n’était pas reconnu comme une activité rentable. Aujourd’hui, on observe une lente évolution dans la perception que les gens ont de ce système de production mais il reste encore de nombreux défis à relever. Le premier est celui de faire comprendre aux politiques qu’au-delà des aspects économiques, le pastoralisme a de fortes implications dans d’autres secteurs. Par exemple, prenons le cas des pâturages : on constate que le pastoralisme permet de conserver les ressources et de prévenir leur dégradation. Au Niger, on voit aussi que dans les zones où l’on a tenté de sédentariser les éleveurs la dégradation des terres est plus forte que partout ailleurs dans les zones de pâturage. De plus, on remarque que s’il n y a pas de problème de pluies, les zones pastorales sont plus verdoyantes que les zones agricoles. Dans les zones pastorales, on voit se développer des plantes que l’on ne trouve pas dans les autres régions du Niger. Tout cela montre que le pastoralisme agit positivement sur l’environnement et apporte une forme de conservation durable des ressources naturelles. Le pastoralisme doit donc être soutenu par des politiques appropriées qui valorisent tous ces apports à la société. Tant que les politiques n’intègreront pas et ne prendront pas en compte ces valeurs (autres que la vente des produits d’élevage), cette activité demeurera marginalisée et négligée. Les organisations d’éleveurs sont en train de s’organiser pour informer sur les apports du pastoralisme.

GDS : De plus en plus de mesures très restrictives sont prises vis-à-vis des troupeaux transhumants, notamment dans les pays côtiers. Comment vivez- vous cette situation ?
DB : Il est certain qu’aujourd’hui les pays côtiers et même les pays de départ de la transhumance créent des contraintes qui découragent fortement le pastoralisme. Je mets cela sur le compte de la méconnaissance du pastoralisme et de ses valeurs. Cet état des choses est dû au fait que les politiques agricoles ne prennent pas suffisamment en compte le pastoralisme. Tous ces conflits pour moi naissent du fait qu’il existe un grand déséquilibre dans l’intérêt politique accordé aux deux secteurs : on accorde plus d’importance à l’agriculture qu’au pastoralisme. Il y a plus d’informations et d’investissements pour les agriculteurs que pour les pasteurs. Tout cela crée des frustrations et donne une image qui fait que les agriculteurs estiment que les éleveurs pasteurs pratiquent une activité archaïque. Nous sommes conscients qu’actuellement ces populations ne comprennent pas encore les apports du pastoralisme. Avec la raréfaction des ressources naturelles et le changement climatique, les politiques se voient obliger d’intégrer cette dimension et d’interpeller les populations côtières sur la nécessité de reconsidérer le pastoralisme.
Les organisations de pasteurs également ne restent pas inactives devant cette situation. Elles essaient de créer les conditions pour qu’il y ait une meilleure compréhension entre les éleveurs et les populations agricoles qui les accueillent dans leur zone ou dans leur pays. Je dois rappeler qu’il y a des pays côtiers qui ont pris des mesures très contraignantes à l’encontre du pastoralisme. Le Bénin par exemple, a pris des mesures de suspension de la transhumance transfrontalière sur son territoire. Le Togo, sans aller jusqu’à la suspension, a pris également des mesures très contraignantes qui imposent aux éleveurs pasteurs un calendrier de passage qui n’est pas du tout approprié à la transhumance et qui décourage ainsi la pratique de cette activité.
Le réseau Bilital Maroobe est en train de voir comment faire évoluer cette perception du pastoralisme. Il organise des rencontres avec tous les acteurs pour échanger et débattre afin de parvenir à une meilleure compréhension du pastoralisme transhumant. Nous avons eu une première rencontre au Bénin en présence du ministre de l’Intérieur, des organisations d’éleveurs et des populations des zones d’accueils qui, même si elle n’a pas permis de lever la mesure de suspension, a abouti à plus de tolérance de la part de tous et du gouvernement béninois. Nous sommes en train d’organiser une autre rencontre d’échanges (qui aura lieu en septembre) toujours au Bénin mais regroupant les pays côtiers et les pays sahéliens pour que nous puissions continuer à échanger, analyser les textes de la Cedeao, voir les contraintes de ces textes et voir éventuellement comment adapter les textes communautaires au nouveau contexte.

GDS : On constate une tendance à la sédentarisation des pasteurs et au développement de l’agro-pastoralisme. À quoi cela est-il dû ?
DB : Cette tendance à la sédentarisation est selon moi le résultat d’une politique longuement menée depuis des années pour décourager la mobilité des éleveurs. Le pastoralisme a été présenté aux éleveurs comme une activité archaïque et ils sont appelés par conséquent à se sédentariser. On met en place des politiques sans prendre des mesures pour sécuriser l’élevage pastoral. Aujourd’hui, la plupart des terres et parcours pastoraux sont de plus en plus soumis à une politique de privatisation. En procédant ainsi, l’objectif caché en arrière plan est d’amener les pasteurs à se sédentariser. À cela s’ajoute la faiblesse des infrastructures en zones pastorales. Tous ces effets conjugués font que les éleveurs cherchent d’autres alternatives. Soit ils se sédentarisent, soit ils changent d’activités ou bien ils allient l’agriculture à l’élevage. En plus, les États n’accompagnent pas ces reconversions, ce qui entraîne une ruée vers les villes gonflant ainsi le nombre de chômeurs.
GDS : Le cheptel augmente et parallèlement les ressources s’amenuisent. Comment les pasteurs s’adaptent-ils à cette situation de raréfaction des ressources et de l’alimentation pour bétail ?
DB : La mobilité qui caractérise le pastoralisme permet aux éleveurs de s’adapter et d’exploiter durablement dans le temps et dans l’espace des ressources qui se font de plus en plus rares. La mobilité est supportée par un certain nombre de stratégies qui permettent aux éleveurs pasteurs de se mettre à l’abri et de gérer leur capital bétail. Le pasteur a la capacité de réduire ou d’augmenter son bétail selon diverses stratégies qui lui sont propres. Justement, tous les dégâts causés par le pastoralisme sont nés des contraintes qui ont été portées à l’encontre de cette mobilité. De plus, dans notre contexte sahélien, le pastoralisme apparaît comme le meilleur et le seul système de mise en valeur appropriée des espaces pastoraux.

GDS : Quelles sont les actions directes de sensibilisation sur le pastoralisme ?
DB : On travaille sur deux fronts. D’abord au niveau des politiques (c’est vraiment pour cela que les organisations sont nées), mais aussi pour que les agriculteurs, les éleveurs, les pasteurs puissent être véritablement des acteurs informés, sensibilisés, qui puissent eux-mêmes définir des objectifs précis pour travailler ensemble. Aujourd’hui dans la plupart des pays africains nous avons les plates-formes paysannes qui sont composées d’organisations d’éleveurs, d’agriculteurs et d’autres acteurs. L’avènement de ces organisations supra-sectorielles est venu de cette volonté de créer un cadre pour tous les producteurs pour qu’ils puissent débattre de leurs problèmes. Je crois que c’est une initiative qui porte ses fruits même si cela prend du temps.

GDS : Quelle appréciation portez-vous sur les politiques menées au Niger dans le domaine du pastoralisme ?
DB : Il y a des points de satisfaction et des points d’insatisfaction. Effectivement, il y a au Niger une prise de conscience politique et un regain d’intérêt politique depuis ces 5 dernières années en faveur du pastoralisme. Dans ce cadre, les politiques ont initié un processus d’élaboration d’un code pastoral. Il faut souligner que ce processus a été l’un des plus participatifs auxquels j’ai pu participé au Niger. Les organisations d’éleveurs ont mené ce processus de manière démocratique et ont pu faire passer un certain nombre de dispositions. Si le code pastoral est validé par le Parlement, cela sera un bon compromis où tous les acteurs s’y retrouvent.
Toutefois, il convient de reconnaître que sur le terrain, cela ne se ressent pas. On continue toujours de chasser les pasteurs des zones d’élevage. On continue également par des actions précises et ciblées à décourager le pastoralisme. Tout cela bien entendu ne pourra pas être résolu du jour au lendemain. De plus, compte tenu de la situation politique actuelle du Niger, le code pastoral n’a pas pu être adopté. Donc à ce jour on peut dire qu’il n’y a pas de politique formelle dans le domaine du pastoralisme au Niger.
Bien sûr, il y a le code rural adopté dans les années 90, mais celui-ci n’est pas opérant car il contient de nombreuses lacunes. Au final, on peut dire qu’il y a une volonté politique en faveur du pastoralisme à travers le processus d’élaboration d’un code pastoral assez adapté de notre point de vue, mais sur le terrain l’application des textes reste problématique.

GDS : De façon plus générale, trouvez-vous que les revendications des pasteurs sont véritablement prises en compte par les pouvoirs publics ?
DB : Dans le processus d’élaboration du code pastoral au Niger, les organisations pastorales ont occupé une place importante et stratégique. Ce sont elles qui ont pratiquement mené tout le processus. Il y a eu beaucoup de débats, mais l’essentiel des idées émises par les organisations pastorales ont été retenues et intégrées dans l’avant projet du code pastoral du Niger. Malheureusement, tant que ce code n’est pas adopté, nous ne pouvons pas dire que nos idées sont passées. Mais le manuscrit qui a été élaboré de manière participative et déposé au Parlement de l’époque est un document qui donne satisfaction aux organisations d’éleveurs. Mais puisqu’il n’est pas encore adopté, une remise en question pourrait être tentée. Nous restons vigilants et mobilisés pour que ce processus aboutisse.

GDS : Il y a un projet de construction d’un abattoir à Niamey pour une promotion du commerce de viande cru. Cela vous paraît-il un bon investissement ?
DB : Tout dépend des objectifs politiques qui sous-entendent ce type d’investissements. Le problème ne se situe pas au niveau de l’infrastructure mais c’est tout le processus autour qu’il faut analyser. Comment les éleveurs qui sont les fournisseurs de ces abattoirs seront pris en compte dans la filière qui alimentera ces abattoirs ? Il y a un travail de fond que les organisations font actuellement car nous pensons que l’objectif d’un abattoir doit être de promouvoir l’élevage. Si cet abattoir doit seulement prolonger la liste des intermédiaires, ce n’est pas un investissement bienvenu. Il faudrait que les éleveurs à travers leurs organisations puissent réduire ces intermédiaires qui font souvent que l’éleveur ne profite pas de bons prix.

GDS : Certains envisagent le développement de grandes fermes intensives dans la périphérie de Niamey ? Qu’en pensez-vous ?
DB : Nous sommes actuellement dans un monde de privatisation. Il y a donc des privés qui ont les moyens de faire de grandes fermes. Nous ne combattons pas ces privés. Si quelqu’un a les moyens de construire une ferme, tant qu’il ne le fait pas dans les zones pastorales ce n’est pas notre problème, parce que tout va se jouer au niveau de la compétitivité. Et je suis sûr que celui qui décide de créer une ferme pour produire de la viande parce qu’il a eu des financements, ne pourra pas la valoriser et la rendre viable à long terme. Ce n’est pas durable et c’est extrêmement coûteux surtout au Sahel car il faudra s’assurer d’avoir de l’eau (donc faire des forages), de l’alimentation et un certain nombre de services pour entretenir les têtes de bétails. Nous restons ouverts si les gens le font en ville sans empiéter sur les espaces pastoraux

GDS : En dehors des actions de lobbying et de plaidoyer, quelles sont les autres actions menées en faveur des éleveurs ?
DB : Aujourd’hui, les organisations sont en train de structurer les éleveurs pour qu’ils prennent en charge eux-mêmes la commercialisation du bétail. Au Niger, l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger (Aren) a entamé un processus de regroupement des éleveurs en Groupement d’intérêt économique (GIE) pour la commercialisation de leur bétail. Pour cela, Aren a noué des contacts et des partenariats avec d’autres organisations au Nigeria afin de permettre aux éleveurs du Niger d’avoir accès à des marchés plus porteurs au Nigeria, avec des facilités administratives et douanières. Les organisations pastorales se mobilisent à leur niveau pour prendre en charge leurs propres problèmes, notamment au niveau de la commercialisation des produits d’élevage.

GDS : Êtes-vous associés aux initiatives et actions régionales de l’Uemoa et de la Cedeao en faveur du pastoralisme ?
DB : Oui, nous sommes même initiateurs de ces initiatives. Seulement ces institutions font leurs enquêtes, sans souvent en référer aux organisations éleveurs. Les organisations de pasteurs sont aussi en train de mener des actions dont la finalité est la réactualisation de tous les textes communautaires existant sur le pastoralisme transhumant. À cet effet, nous organisons une rencontre au Bénin fin septembre avec 4 pays de la sous région (deux sahéliens et deux côtiers) pour qu’ils essaient ensemble de voir comment harmoniser les textes et positions pour parvenir à une mobilité transfrontalière apaisée. C’est un début et l’objectif est d’arriver à étendre les concertations au niveau de la Cedeao de manière plus générale.

GDS : Comment se déroule la commercialisation du bétail par les pasteurs, dans les pays côtiers notamment ?
DB : La raison du départ des pasteurs jusqu’aux pays côtiers n’est pas principalement commerciale. C’est dû au fait qu’à un moment donné de l’année les pays de départ ne disposent pas de ressources naturelles suffisantes pour subvenir aux besoins du bétail. C’est ce qui amène les éleveurs à conduire les animaux vers les pays côtiers où il y a plus de ressources, afin de pouvoir sauver le maximum de leurs bêtes. Pour la commercialisation, nos organisations en créant des GIE travaillent pour voir comment faire en sorte que l’éleveur qui a élevé durant plusieurs années un taurillon puisse profiter au maximum de la vente de cet animal. Nous sommes également en train de créer les conditions d’une synergie entre les organisations des pays côtiers et les organisations du Sahel dans le domaine des intrants alimentaires. En effet même les animaux du Sahel qui parviennent à garder une certaine forme ont besoin d’une complémentation surtout pour les animaux destinés à la vente et pour les vaches laitières.

GDS : Quels sont les marchés sur lesquels les pasteurs vendent leurs produits ?
DB : Les producteurs pastoraux ont le même problème sur tous les marchés : il y a beaucoup d’intermédiaires qui ne permettent pas de vraiment bénéficier du produit de la vente. C’est un fait qui se retrouve aussi bien au niveau des marchés sahéliens qu’au niveau des marchés côtiers.
Cependant, au niveau sahélien, à la différence des pays côtiers, il y a une meilleure organisation des marchés avec des structures qui sont bien impliquées dans la sécurisation et l’accès au marché. Ces organisations mènent aussi des actions de lobbying pour que les mesures administratives draconiennes et les prélèvements illicites soient réduits. Souvent, on confond les commerçants et les éleveurs. Ce sont les commerçants qui viennent dans le Sahel acheter à vil prix les animaux aux éleveurs et qui les revendent cher sur les marchés dans les pays côtiers. Ce sont eux qui bénéficient des efforts des producteurs.

GDS : Le principe de libre circulation des biens et des personnes dans l’espace Cedeao est-il bien appliqué en ce qui concerne les activités des éleveurs ?
DB : Je reconnais qu’il y a un problème de sous information au niveau des éleveurs concernant leurs droits. Le grand défi, c’est l’application des textes. Aujourd’hui, la plupart des services présents au niveau des frontières (police, douane, eaux et forêts, etc.) vivent sur le dos des producteurs et des éleveurs. La libre circulation dont on parle est théorique pour les éleveurs. Il y a tellement de tracasseries administratives entre les pays. Malgré tout ce qu’on dit, dans la pratique, l’application des textes n’est pas une réalité.

GDS : Est-ce que les productions pastorales subissent la concurrence des importations comme cela a été le cas pour la filière volaille ?
DB : Depuis un certain nombre d’années le pastoralisme a été victime des importations de viande qui constituent en fait des cas de dumping.
Les pays côtiers qui sont les plus grands demandeurs de viande préfèrent avoir une viande moins chère. Le consommateur va effectivement acheter le produit le moins cher provenant souvent des pays du Nord. L’éleveur lui ne se retrouve pas dans ce prix. Les gens préfèrent acheter des produits moins chers, même s’ils sont de plus mauvaise qualité. Le consommateur n’est pas assez sensibilisé pour comprendre les enjeux et conséquences de son achat.

GDS : Plus de protection au niveau régional est-il une solution ?
DB : Il faut que la Cedeao ait une politique très claire pour favoriser la production locale. On ne peut pas favoriser une production au niveau pays si on ne l’encourage pas par des prix rémunérateurs. Tant que les pays extérieurs pourront déverser leurs produits à moindre coût, le problème de la production agricole ne sera pas résolu. Évidemment personne ne va produire s’il sait que le prix de vente n’est pas assez rémunérateur par rapport à tous les investissements qu’il a fait.
Nous sommes en train de lutter pour que la Cedeao puisse avoir une politique de protection de la production locale de la région.

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