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Afrique de l’Ouest : la révolution de l’élevage aura-t-elle lieu ?

Le secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest est à un
tournant. Diversification des systèmes alimentaires et
croissance de la population se joignent pour doper la demande
en produits animaux. Des mutations qui questionnent
la capacité des systèmes d’élevage locaux et des filières à
s’adapter à une demande exigeante.

Depuis 50 ans, l’essor des villes
africaines a induit une transformation
profonde du modèle
alimentaire. Comme dans les autres
pays en développement, le secteur de
l’élevage a été particulièrement touché
par ces recompositions : les viandes et
les produits laitiers sont en effet parmi
les produits alimentaires dont la consommation
augmente le plus rapidement
avec le niveau de vie. Le développement
urbain a ainsi induit une
demande nouvelle en produits laitiers
et carnés. Les commerces des grandes
villes présentent aujourd’hui une multitude
de nouveaux produits comme les
sachets de poudre de lait, les yaourts,
les laits fermentés, les fromages, ou les
découpes de volaille, générant d’importants
débouchés pour l’élevage et
l’industrie agro-alimentaire. Dans la
restauration hors foyer, ces mutations
s’illustrent par l’essor des bars laitiers,
des dibiteries, des restaurants ou des
cantines.

L’essor des villes africaines et la
création de nouveaux débouchés.

Cependant, il subsiste aujourd’hui
de nombreuses interrogations sur la
capacité de l’élevage africain à répondre
à l’explosion de la demande locale.
L’élevage familial extensif majoritaire
en Afrique, enchâssé dans des sociétés
traditionnelles et dans des territoires
enclavés, serait-il resté à l’écart de la
« révolution de l’élevage » observée en
Amérique du Sud et en Asie ? Le développement
agro-industriel basé sur
l’intensification des filières d’élevage,
que l’on observe dans de nombreux
pays du Sud, aurait-il laissé l’Afrique
« en rade » de cette importante
transformation ? Quelles stratégies
convient-il d’adopter pour encourager
la participation des producteurs
locaux aux échanges marchands ?
Comment faire de la croissance de la
demande un « levier », tant pour le développement
des territoires pastoraux
que pour l’amélioration des revenus
des éleveurs ?
Face à ces questions, plusieurs approches
sont défendues par les acteurs
du développement et les experts. Selon
la vision moderniste, la réponse à
la demande urbaine ne peut se faire
qu’à travers une transformation radicale
des systèmes de production et
des filières, sur le modèle de la révolution
de l’élevage. Pour d’autres, au
contraire, l’élevage extensif est susceptible
de répondre à des « signaux
de marchés », et d’améliorer sa contribution
à l’approvisionnement des
villes, tout en valorisant ses ressources
spécifiques et ses faibles coûts de production.
Enfin, pour les partisans du
libéralisme, l’approvisionnement des
consommateurs urbains, au pouvoir
d’achat limité, passe par un recours
croissant aux importations de produits
de base bon marché (viande congelée,
poudre de lait), quitte à ce que les pays
augmentent leur dépendance vis-à-vis
du marché international.

Les trois facettes du développement
des marchés animaux en Afrique de
l’Ouest.

Au-delà de ces débats, il semble bien que les trois phénomènes aient
coïncidé au cours des 20 dernières années
en Afrique de l’Ouest : l’apparition
de filières agro-industrielles, le
développement des surplus commerciaux
issus des systèmes extensifs, et
l’essor des importations de produits
animaux.
Le développement agro-industriel a
constitué certainement le côté le plus
spectaculaire de ces transformations.
Suite aux Plans d’ajustement structurel
initiés dans les années 80, la privatisation
des grandes laiteries, des fermes
d’État ou des abattoirs a constitué
une rupture qui a dans un premier
temps freiné l’essor d’une industrie
de l’élevage, mais qui a ensuite laissé
le champ libre au développement de
nouvelles entreprises privées. Dans le
secteur laitier, on assiste depuis 10 ans
au développement massif des petites
unités de transformation rurales, et
à la participation croissante des élevages
périurbains dans l’approvisionnement
des consommateurs urbains
et des grandes industries laitières. Au
Mali, au Burkina Faso, ou au Sénégal,
on compte aujourd’hui des dizaines
de mini-laiteries rurales collectant
du lait frais. Plusieurs industries se
sont récemment ré-engagées dans la
collecte de lait local. Des fermes modernes
se sont installées en périphéries
des grandes capitales, en moins grand
nombre cependant que dans les zones
d’altitude d’Afrique de l’Est. Dans le
secteur avicole, de nombreux pays ont
connu un développement massif des
unités semi-industrielles périurbaines
de production d’oeufs et de viande de
volaille. Le secteur porcin a lui aussi
fait l’objet d’investissements importants.
Parallèlement, on a assisté à l’augmentation
des surplus commerciaux
issus des systèmes extensifs ou semi intensifs.
Après les sécheresses successives
de 1973 et de 1984-85, les éleveurs
sahéliens ont fortement reconstitué leur
cheptel. Dans le même temps, la production
de ruminants s’est étendue aux
zones agricoles situées plus au Sud, et
a constitué un facteur d’intensification
des systèmes de production dans les
zones soudaniennes. Ces régions plus
humides ont aussi constitué des zones
de développement de l’embouche bovine
et ovine. La croissance de l’offre
et l’efficacité de systèmes commerciaux
relativement anciens ont ainsi permis
aux marchés de viande rouge de rester
très majoritairement approvisionnés
par les systèmes pastoraux et agropastoraux.
Les complémentarités régionales
ont joué favorablement pour
approvisionner les villes en bétail sur
pied. Dans le domaine du lait, l’augmentation
des volumes commercialisés
s’est faite essentiellement grâce
à l’amélioration des circuits de collecte,
plutôt que par l’augmentation
de la productivité des fermes. Ainsi,
les stratégies des ménages et l’économie
domestique ont tiré parti de
l’émergence du commerce du lait sous
3 formes principales : le développement
des ventes directes en périphérie des
grandes villes, l’essor des réseaux de
collecte de lait caillé et de beurre en
zone sahélienne, et la mise en place de
systèmes de collecte du lait cru. De la
même manière, on a assisté au développement
de l’aviculture villageoise
engagée dans la production d’oeufs ou
de poulets pour le marché.
Enfin, de nombreux pays ont fait le
choix de recourir à des importations
croissantes de produits animaux. Des
années 70 jusqu’aux années 90, la pénétration
des produits européens sur
les marchés ouest africains a été encouragée
par les baisses de la production
du cheptel sahélien liées aux sécheresses,
par l’existence d’excédents massifs
de production de lait et de viande
en Europe et aux États-Unis, et par
les crises économiques qui ont touché
les populations urbaines les plus
pauvres, créant ainsi une demande
pour des produits très bon marché.
Plus récemment, ce phénomène a été
amplifié par la libéralisation des importations
(abaissement des droits de
douane) consécutive à la constitution
du marché commun ouest africain et
aux négociations commerciales internationales.
Tous les pays se sont dotés
à la faveur de ce contexte d’industries
laitières orientées vers la reconstitution
du lait en poudre importé. Entre
1994-06 et 2004-06, les importations
laitières en Afrique de l’Ouest ont
plus que doublé. Et les importations
de viande ont été multipliées par quatre.
Dans certains pays côtiers, comme
au Sénégal, au Cameroun, au Bénin ou
en Côte d’Ivoire, les importations de
viande avicole ont connu une véritable
envolée entre 2000 et 2004, avant que
des barrières sanitaires ou tarifaires
ne soient mises en place pour « protéger
 » l’élevage local. Le déferlement des
importations de produits animaux sur
les marchés ouest-africains a modifié
durablement les habitudes alimentaires
des populations. De nouveaux usages
sont apparus, de nouveaux marchés
se sont créés, notamment autour de
la poudre de lait, mais aussi du lait
UHT, par exemple. Par ailleurs, de
nombreuses industries laitières ont
pu se développer sur la base de la
poudre de lait importée. Ces évolutions
ont limité les possibilités pour
les gouvernements de mettre en place
des limitations à l’importation.

Approvisionnement des villes et
avenir de l’élevage.

Devant ces recompositions
profondes des marchés,
plusieurs enjeux relatifs à l’avenir de
l’élevage en Afrique apparaissent encore
mal pris en compte par les organisations
de producteurs, les décideurs
publics et la société civile. Il s’agit des
débats sur le modèle alimentaire, des
discussions relatives aux règles commerciales,
et enfin des priorités des
politiques publiques vis-à-vis des populations
vulnérables.
La question du modèle alimentaire
est récemment apparue dans le débat
public sous l’effet de plusieurs éléments
conjugués : l’émergence d’associations
de consommateurs, d’étudiants ou de
militants revendiquant un modèle de
consommation plus « durable » et
« sain » ; le développement de nouvelles
exigences des consommateurs
sur les liens entre alimentation et santé ;
la montée de revendications nouvelles
sur la « souveraineté alimentaire »
portées par les organisations professionnelles
agricoles et les organisations
de la société civile, et insistant sur le
recours aux aliments « locaux ». Plus
récemment, ce débat sur le modèle alimentaire
a été relancé par à la crise
alimentaire de 2007, et les manifestations
contre la « vie chère ». Ces positions
constituent à n’en pas douter un
élément déterminant pour l’avenir du
positionnement des produits animaux
locaux sur les marchés domestiques.
L’écho particulièrement favorable de
la société civile sur l’exposition « Mon
lait, je l’aime local » présentée à Dakar
et à Ouagadougou en 2009 illustre les
évolutions possibles sur ce sujet.
Le deuxième enjeu majeur concerne
les discussions relatives aux règles commerciales.
Dans le domaine des réglementations
sanitaires, de nombreuses
initiatives ont permis d’avancer sur les
moyens d’améliorer la qualité des produits
locaux. L’élaboration de guides
de bonnes pratiques semble être une
voie privilégiée. De nombreux acteurs
réclament aussi un meilleur contrôle
des conditions sanitaires du commerce
des produits animaux, notamment pour
les viandes congelées importées. Mais le
principal débat concerne les discussions
relatives aux tarifs douaniers. Dans
le cadre de l’Uemoa et de la Cedeao,
l’Afrique de l’Ouest est engagée dans
un processus d’harmonisation de ses
règles commerciales et en particulier
du Tarif extérieur commun (Tec) qui
se met en place aux frontières de la
région. Aujourd’hui taxée dans l’espace
Uemoa à hauteur de 5% seulement
car considérée comme un intrant
pour l’industrie, la poudre de lait est
l’objet d’intenses discussions dans les
arbitrages sur le TEC Cedeao. Ce cas
illustre particulièrement bien la difficulté
pour les décideurs de réconcilier
les intérêts des différents acteurs, et les
intérêts à court et long terme. À court
terme, l’importation permet d’assurer
un approvisionnement régulier de l’industrie
de transformation, alors que
les filières locales peinent à alimenter
les collecteurs, notamment en saison
sèche lorsque les animaux sont en fin
de lactation, et les fourrages peu disponibles
et très coûteux. Mais à long
terme, de nombreux pays souhaitent
voir ces filières locales se structurer
et approvisionner le marché. Or, cette
stratégie nécessite de réduire la pression
exercée par les importations. Il en va
de même au niveau des acteurs. Si les
consommateurs relativement aisés peuvent
privilégier les produits locaux de
qualité, l’accès des pauvres aux produits
laitiers est renchéri par la taxation des
importations. Dans le même temps, les
organisations de professionnels laitiers
militent et font pression pour mettre
en place un niveau de taxation suffisant
pour protéger les investissements
dans la filière locale et la rémunération
des producteurs. Dans le cadre
de la négociation de l’APE, la région a
placé le lait dans les produits sensibles
non libéralisés dans les échanges avec
l’Union européenne. Mais le débat reste
entier sur la classification finale de ces
produits dans le nouveau TEC Cedeao
en cours de négociation.
On touche ici la question des priorités
politiques, qui constituent le troisième
point de débat. Dans le cadre des
stratégies nationales de réduction de la
pauvreté, les gouvernements d’Afrique
de l’Ouest et les partenaires au développement
ont affiché des priorités d’intervention
et de régulation en faveur
des populations les plus vulnérables.
Or, les arbitrages en matière commerciale
sont souvent difficiles : doit-on
ouvrir les marchés pour favoriser l’approvisionnement
des consommateurs
urbains les plus pauvres en produits
de base ? Ou bien faut-il protéger les
filières domestiques pour offrir des opportunités
de croissance aux secteurs
agricoles et agro-industriels locaux ?
Dans le cas du lait, et plus largement
des produits animaux, qui influencent
fortement l’équilibre nutritionnel, les
options sont complexes. L’ampleur des
problèmes nutritionnels, notamment
chez les femmes enceintes et les jeunes
enfants, milite fortement pour la
diversification des systèmes alimentaires
et pour une plus grande utilisation
des produits animaux à bas prix.
Ces produits sont parmi les premiers
dont la consommation est réduite en
cas de difficulté économique au sein
des ménages. Longtemps, l’importation
a été considérée comme moins
coûteuse que la production locale. La
crise des prix alimentaires a cependant
montré la vulnérabilité induite par ce
choix et les problèmes posés par l’instabilité
des prix mondiaux. Or, cette
instabilité est appelée à croître avec
la libéralisation des politiques laitières
dans les grands pays et ensembles
régionaux producteurs et le recul des
mesures de régulation de ces marchés
qui jouent un rôle leader sur les prix
mondiaux.
Les choix en matière de modèle de
production sont tout aussi difficiles à
faire. Faut-il privilégier le renforcement
des systèmes de collecte de lait en zone
rurale, ou encourager le développement
des exploitations laitières intensives
en zones périurbaines ?

Une histoire de l’élevage et du marché
qui reste à écrire.

Finalement, l’histoire
de l’élevage en Afrique de l’Ouest
reste encore à écrire. Les phénomènes
de développement des marchés urbains
sont relativement récents. Et la plupart
des ajustements politiques sont encore
en négociation. La capacité de l’élevage
africain à participer aux échanges marchands
dépendra en grande partie de
la faculté des acteurs et des décideurs
à s’accorder sur des objectifs de développement
communs, sur des modèles
de développement respectueux des
réalités locales. Les gouvernements en
place devront rechercher une meilleure
cohérence entre politiques commerciales
et politiques sectorielles afin qu’elles
se complètent, plutôt que de s’opposer.
L’avenir de l’élevage en Afrique de
l’Ouest dépendra aussi de la capacité
de la région à faire jouer les avantages
comparatifs entre les zones et à exploiter
les complémentarités entre bassins
de production et bassins de consommation
transnationaux. En Afrique de
l’Ouest, les discours sur la révolution
de l’élevage, bien que rendant compte
de processus globaux indéniables, semblent
finalement bien loin des réalités
de terrain.

Le bétail, facteur d’intégration
des échanges régionaux
L’élevage en Afrique de l’Ouest et du Centre est
typiquement un secteur dont l’économie repose sur
l’intégration des marchés. Les produits de l’élevage constituent
le premier poste des échanges intracommunautaires,
devant les céréales.
Les échanges régionaux relient les bassins de production
dans les pays sahéliens excédentaires et les bassins de
consommation des pays côtiers déficitaires.
On estime le cheptel bovin de l’Afrique de l’Ouest à
60 millions d’animaux et le cheptel de petits ruminants à
160 millions. Les trois grands pays sahéliens enclavés — le
Burkina Faso, le Mali et le Niger — exploitent plus du tiers
du cheptel bovin régional (22 millions). Les exportations
d’animaux sur pied de ces trois pays sont estimées à 560 000
têtes par an. Les exportations de petits ruminants concerneraient
environ 7,7 millions de têtes.
Les observateurs décrivent plusieurs circuits commerciaux
 : les circuits verticaux qui représentent les échanges
historiques entre les pays enclavés sahéliens et les marchés
côtiers autour d’axes Nord-Sud. L’Afrique de l’Ouest est
ainsi structurée autour de 3 grandes zones commerciales :
le circuit occidental part du Mali et alimente la Mauritanie,
le Sénégal, la Guinée, la Gambie, la Sierra Leone et le Liberia
 ; le circuit du couloir central relie les zones d’élevage
du Mali et du Burkina Faso au Ghana, à la Côte d’Ivoire
et au Togo ; enfin, le circuit central oriental relie le Niger
aux marchés du Nord du Nigeria, qui représente le plus
important importateur de la région.
Plus récemment se sont ajoutés des circuits transversaux
destinés à alimenter le Nigeria principalement avec du bétail
burkinabè transitant par le Bénin.
Enfin, les marchés ouest et centre africains sont reliés
entre eux. Le bétail du Niger approvisionne, avec les animaux
du Tchad, de Centrafrique et du Nord Cameroun,
les besoins de consommation du sud Cameroun, du Nigeria,
du Gabon, de la République démocratique du Congo
et du Congo Brazzaville. De la même façon, des flux de
bétail existent et relient l’Afrique de l’Ouest et du Centre
aux pays arabes.

Les produits animaux dans la
sécurité alimentaire
La consommation des produits animaux est mal connue
en Afrique de l’Ouest en raison d’une forte part
de l’autoconsommation (lait et ses dérivés, oeufs, viandes),
et en raison d’une connaissance très approximative des
échanges commerciaux et de l’importance des circuits
d’approvisionnement informels (échanges de proximité).
Seul le niveau des importations est assez bien connu. Selon
les calculs rapportés dans l’étude CSAO/OCDE-Cedeao,
sur la base des données de la FAO, la consommation toutes
viandes confondues s’élèverait à 8,6 kg par habitant.
On attribue généralement les faibles taux de malnutrition
en milieu pastoral à des régimes alimentaires qui incorporent
nettement plus de lait qu’en milieu agricole ou urbain.
D’une façon générale la consommation de produits
laitiers et carnés reste faible, comparée aux standards de
consommation dans les pays riches.
Les liens entre l’élevage et la sécurité alimentaire dépassent
de loin cet aspect. Par exemple, il existe une très
forte relation entre prix des céréales et prix du bétail. Il
s’agit d’un indicateur majeur de l’accessibilité des produits
alimentaires en zone pastorale. En cas de sécheresse par
exemple, les prix des animaux, en mauvais état, chutent
sur les marchés. Cette chute est d’autant plus forte que les
céréales sont chères et que les éleveurs ont besoin de commercialiser
plus d’animaux pour acheter des céréales.
La demande en aliments du bétail est un autre facteur
qui influence l’équilibre des marchés alimentaires et
donc l’accessibilité des céréales pour les consommateurs.
La forte demande de l’industrie des aliments de bétail sollicitée
par le fort développement de l’élevage de volailles
au Nigeria modifie en profondeur l’équilibre du marché
céréalier dans tout l’Est de l’Afrique de l’Ouest et pèse
fortement sur la sécurité alimentaire des populations du
Niger, par exemple.

Les importations de
viandes et de lait en
Afrique de l’Ouest
Les importations de produits
animaux représentent 13% des
importations agroalimentaires des
15 pays de la Cedeao. Selon les données
commerciales de la FAO, les
importations de produits laitiers et
oeufs sont passées de 300 millions de
dollars par an sur la période 1994 -
96 à 663 millions de dollars sur la
période 2004-06. Les importations
de viandes ont été multipliées par 4
sur la même période en passant de
61 millions à plus de 258 millions de
dollars. La viande bovine et les volailles
représentent l’essentiel de ces
importations.

Quelques « fausses idées »
reçues sur l’élevage
« L’élevage ferait compétition à l’accès humain
aux calories végétales ». Les produits
animaux représentent un tiers des
protéines consommées dans le monde et
apportent des nutriments indispensables
(acides aminés essentiels, minéraux, vitamine
A). Le petit élevage est fondamental
pour la sécurité alimentaire des familles
paysannes (auto consommation, revenus
permettant l’achat de céréales) et son alimentation
permet de valoriser les restes
ménagers et résidus de récolte. Enfin, 1/5
des terres mondiales sont trop pauvres
pour des productions végétales mais leur
exploitation par l’élevage permet la survie
de populations démunies.
« L’élevage de ruminants serait la principale
source d’émissions de gaz à effet de
serre ». L’élevage se situe en troisième position
après l’industrie et les transports,
avec une production de 18% de ces gaz,
essentiellement dans les élevages intensifs
des pays développés et émergents. Par
ailleurs, l’élevage permet de réduire l’utilisation
d’engrais chimiques et constitue,
pour les plus pauvres, une alternative durable
à une mécanisation motorisée consommatrice
d’énergies fossiles.
« L’élevage de ruminants serait responsable
de surpâturage ». La concentration des
animaux dans les lieux de regroupement
peut générer localement un surpâturage,
mais l’élevage mobile constitue le mode
de gestion le plus durable de parcours à
faible capacité de charge. La transhumance
est même bénéfique pour les écosystèmes
variés qu’elle fertilise et dont elle dissémine
les graines ; elle permet des transferts saisonniers
de charge.
« L’élevage pastoral sahélien serait un élevage
de contemplation ou à l’inverse un
mode de capitalisation au bénéfice d’une
minorité ». Le cheptel sahélien constitue
certes une forme de capitalisation, mais
la majeure partie du cheptel fait vivre les
populations pastorales. Il répond largement
à la demande locale et sous-régionale en
viande, de manière compétitive.
Dr Ludovic Larbodiere et Isabelle Tourette - AVSF

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