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L'invitée de Grain de sel : Salimata Diarra

Salimata Diarra
est présidente de
l’Association des
consommateurs
du Mali (Ascoma)
depuis sa
création, en 1991,
[email protected].
Elle était de
passage à Paris à
l’occasion de la
conférence « Défi
alimentaire
mondial, la
contribution des
sociétés civiles
organisées » par
le Conseil
économique,
social et
environnemental
français et le
Comité
économique et
social européen.

Grain de sel : Qu’est-ce que l’Ascoma ?

Salimata Diarra : L’Association des
consommateurs du Mali (Ascoma)
est la première du genre au Mali. Elle
est membre de la Fédération mondiale
des associations de consommateurs,
Consumers International (CI) depuis
1994. L’Ascoma fut créée avec l’ouverture
démocratique du Mali, mais aussi en
réaction à la dégradation des conditions
de vie liée aux ajustements structurels.
D’autres évolutions, tel le développement
de l’alimentation de rue ne respectant
aucune norme de sécurité alimentaire
ont poussé un grand nombre d’acteurs
de la société civile à créer l’Ascoma, qui
est basée à Bamako avec des antennes
à Mopti, Gao, Koutiala, Kayes, Ségou
et Sikasso. L’Ascoma est gérée par une
Assemblée générale (50 personnes) et
un bureau (14) avec 4 vices-présidents.
L’engagement des membres est très fort
au sein de l’Ascoma qui n’a pas de ressources
propres, outre les cotisations de
ses membres (faibles et payées irrégulièrement).
La gestion des réclamations des
consommateurs et leur représentation
pour influencer des décisions constituent
un travail permanent. Parmi nos
grandes victoires, grâce à un partenariat
intersectoriel, nous sommes parvenus à
la mise en place d’une politique nationale
de sécurité sanitaire accompagnée
de la création d’une Agence nationale
de sécurité sanitaire, nous avons aussi
obtenu l’interdiction de l’importation
des poulets congelés. Nous avons des
liens avec les associations de consommateurs
africaines membres de CI, dont
un bureau régional basé à Harare nous
a beaucoup appuyés. Mais depuis que le
bureau de Harare, faute de moyens, est
fermé, il nous est difficile d’entretenir
un réseau sous-régional fort.

GDS : Quelles actions l’Ascoma a-t-elle
menées face à la hausse des prix ?


SD : Plusieurs actions ont été menées
en termes de communication avec les
consommateurs et de plaidoyer auprès
des pouvoirs publics, avec les radios, les
télévisons, aux plans national et international.
Au niveau de la souveraineté
alimentaire, bien que les Maliens préfèrent
le riz malien, les importations de
riz sont encore très importantes (200 à
300 000 tonnes viennent compléter la
production nationale de 600 000 tonnes).
Et le riz local demeure trop cher
par rapport au riz importé. On se bat
donc pour que les producteurs aient
plus de facilités en termes d’accès aux
intrants, nous nous sommes mobilisés
à leurs côtés lors des problèmes autour
de la redevance eau à l’Office du Niger
[NDLR : Cf. GDS 29], etc. Autre
mobilisation de taille, en partenariat
avec Afrique verte, en mai 2008, nous
avons organisé un atelier rassemblant
les transformatrices de céréales pour
parler de leurs difficultés (conservation,
emballage, etc.) puis nous avons fait un
film plaidoyer en faveur de la transformation
de nos céréales.

GDS : Quels sont vos projets ?

SD : Nous avons besoin d’un éveil des
conscience, donc nous allons poursuivre
les activités que nous avons l’habitude
de faire, à savoir l’information,
la sensibilisation, l’éducation du consommateur
et le lobbying auprès des
pouvoirs publics. Nous allons aussi
poursuivre nos études et investigations
dont les résultats permettent
d’alimenter notre plaidoyer. Aussi,
on cherche à faire du « réseautage »,
entre les associations de consommateurs
et les autres organisations de la
société civile. Le réseau permet de se
connaître davantage, d’unir les efforts
et d’avoir plus d’impact. Évidemment,
on se bat aussi pour des textes réglementaires
en matière de consommation.
Nous venons de créer un groupe
national de référence pluridisciplinaire
pour aller vers plus de concurrence, de
qualité des produits et de protection
des consommateurs. Une législation
est prévue pour la protection des consommateurs
par un groupe consultatif
regroupant au moins quatre pays
d’Afrique de l’Ouest, ce groupe est
basé à l’Université du Mali.

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