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Pour des politiques et une régulation adaptées au financement agricole et rural

Pourquoi des politiques spécifiques sont-elles nécessaires
pour les finances rurales agricoles ? La question
se pose en Amérique latine comme partout ailleurs dans
les pays en développement. L’auteur tente d’y répondre, et,
plus avant, essaie de dire « comment », à la lumière de l’expérience
bolivienne.


Dans les pays en développement,
quatre raisons au
moins expliquent le besoin
de politiques propres et adaptées aux
finances rurales et agricoles. La première
est que ces politiques accordent
un traitement privilégié à un secteur
économique stratégique — pour son
importance sur la sécurité alimentaire
et son incidence sur l’emploi. La seconde
est qu’elles constituent un facteur
d’inclusion et de traitement privilégié
des agents économiques ruraux et en
particulier les petits producteurs agricoles,
qui ont souvent été exclus des
priorités des politiques publiques. La
troisième est que dans ces deux domaines,
les acteurs ciblés par les politiques
vivent dans des conditions d’extrême
pauvreté. Leur situation est à l’origine
de politiques proactives de lutte contre
ce fléau des pays en développement.
La quatrième raison est qu’une bonne
articulation des politiques agricoles et
rurales est facteur de promotion du
développement local qui est, en définitive,
la meilleure façon de générer le
bien-être économique et social.

Quels sont les processus et les instruments
de politiques ?
Si l’on se
réfère à l’expérience de Finrural et
du Comité d’intégration des organisations
économiques paysannes
(Coordinadora de Integración de Organizaciones
Económicas Campesinas,
CIOEC
), on peut affirmer que le processus
le plus approprié, pratique et
utile — qui identifie, promeut, propose
et va jusqu’à négocier des politiques
favorables au secteur agricole et rural
et donc favorables aux finances rurales
— est une politique d’alliances stratégiques
entre le secteur financier et
le secteur rural.
Pour de telles alliances, il a fallu que
les leaders se rencontrent et fassent
preuve d’énergie et
de volontarisme. À
la base de cette initiative,
Finrural et
Cioec ont écrit un
document intitulé
« Construire des
alliances pour le
développement de
services financiers
ruraux », publié en
2005. Cette publication importante a
fait des propositions
dont certaines ont
été à l’origine de
politiques, d’institutions
et d’instruments visant à
la mise en place d’un sain équilibre
et du développement soutenable des
services financiers ruraux.
Un autre processus tout aussi important
est la recherche de complémentarité
entre les interventions :
public-privé, national-local, services
financiers ruraux et services de développement
d’entreprise.
Parmi les instruments les plus courants
qui garantissent la création et la
mise en oeuvre de politiques adéquates
on distingue : les diagnostics sectoriels
et la conception de propositions ;
la création et l’application d’instruments
de régulation spécifiques pour
la valorisation et la qualification de
portefeuilles agricoles et pastoraux ;
la création de mécanismes de financement
spécialisés ; et les instruments
pour faciliter l’accès au financement
(fonds de garantie), les instruments
de gestion de risques de crédits et de
risques naturels et d’insertion aux
marchés.
Dans le secteur de la microfinance,
un aspect déterminant pour les institutions
financières et leurs clients est
l’adoption de normes
et de réglementations
spécifiques.
Ces normes doivent
reconnaître l’importance
stratégique du
secteur et admettre
la participation des
producteurs dans la
propriété des institutions.
Les normes
de qualification et
d’évaluation des
portefeuilles agricoles
doivent aussi
comprendre des
mesures adéquates
de garantie, et des ratios de prévision
qui correspondent aux particularités
des portefeuilles agricoles. L’expérience
bolivienne du Système d’autorégulation
des institutions financières de
développement de Bolivie a été riche
d’enseignements en matière de traitement
de portefeuille agricole. Elle a
notamment été à l’origine d’une norme
spécifique de qualification et d’évaluation
du portefeuille agricole.

Quels sont les résultats et impacts
recherchés ?
Les résultats et impacts
recherchés sont multiples. Parmi
ceux-ci, on trouve : l’autosuffisance
alimentaire, la réduction de la pauvreté
des habitants des zones rurales,
des producteurs et des éleveurs,
la durabilité des institutions financières
et des services qui y sont liés,
la crédibilité du système de services
financiers ruraux.

Reynaldo
Marconi est
responsable de
Finrural,
association
bolivienne
d’institutions de
microfinance
rurale. Il a été
président du
Forum latinoaméricain
de
finances rurales
(Forolac FR) de
2002 à octobre
2007. Plus
d’information
sur Finrural :
www.finrural.bo.org
et Forolac-FR :
www.forolacfr.org

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