fr Inter-réseaux Développement rural fr Inter-réseaux Développement rural

Accueil

Café : petits producteurs, grands marchés

Les prix du café remontent, ramenant l’espoir de tirer un
trait sur la crise qui a affecté la filière de 1997 à 2004.
Mais il reste beaucoup à faire pour voir apparaître une caféiculture
socialement et écologiquement durable.


La vie de plus de 120 millions
d’individus dans le monde, principalement
dans les pays en développement,
dépend de la culture du
café. Partout où celle-ci est pratiquée,
elle suscite espoir ou incertitude selon
les variations (à la hausse comme à la
baisse) des prix payés aux producteurs.
Depuis la fin de la crise qui a particulièrement
affecté la filière en 2000/
2004 et dont la cause est attribuée à une
distorsion entre l’offre et la demande,
le marché semble se stabiliser autour
de certains fondamentaux. Dans les
pays développés qui sont également
les principaux consommateurs, la filière
café est une activité assez « mal
connue » car elle ne fait jamais parler
d’elle. Malgré les aléas climatiques,
et les mouvements spéculatifs sur les
places boursières, l’équilibre actuel du
marché demeure.
Dans les années 1990 et au début des
années 2000, la part de la valeur ajoutée
revenant aux producteurs a nettement
diminué. Durant cette période, le total
des ventes aux consommateurs a crû
de 30 milliards de dollars à environ
70 milliards de dollars. De son côté,
la part des recettes des pays producteurs
est passée de plus de 10 milliards
de dollars à 5,5 milliards de dollars en
2002. D’une moyenne annuelle avoisinant
les 120 cents de dollars la livre
de café dans les années 1980, les prix
ont chuté jusqu’à 50 cents la livre en
2002. C’est ainsi que, dans un certain
nombre de pays exportateurs de café,
les conditions de vie des producteurs
se sont détériorées au point de ne plus
pouvoir subvenir à certains besoins de
première nécessité.
En janvier 2008, les prix nominaux
du café ont retrouvé le niveau qu’ils
avaient dans les années 1980 (122 cents
la livre - lb). Il faut cependant noter
que le redressement du marché a été
amorcé à compter de 2005 (avec une
moyenne annuelle de 89,36 cents la livre,
95,75 cents en 2006 et 107,68 cents
en 2007). Ces statistiques ne tiennent
pas compte de l’inflation ni de la détérioration
du dollar par rapport à l’euro
ces derniers mois. À court terme, il
est probable que les prix du café continueront
de progresser étant donné
l’évolution du rapport production/
consommation. Pour une production
mondiale de 113 millions de sacs en
2001/2002 et environ 118 millions de
sacs en 2007/2008, la consommation
s’est élevée de 106 millions de sacs en
2001/2002 et à plus de 120 millions de
sacs en 2007/08.
Toutefois, plusieurs facteurs risquent
d’empêcher la plupart des millions de
familles qui vivent de la culture du café
d’améliorer leurs revenus de manière
durable. Parmi ceux-ci, on peut mentionner
la hausse des coûts des engrais,
la détérioration des sols et les difficultés
d’accès aux ressources financières.
À défaut de doter le marché d’instruments
de régulation, le nouvel accord
international sur le café (septembre
2007) semble se diriger dans la « bonne
voie ». Selon l’Organisation internationale
du café (OIC), il permettra
de renforcer la coopération internationale
en matière de café par la création
d’un Comité de promotion et de
développement, d’un Comité chargé
de l’élaboration et du financement
des projets et d’un Forum consultatif
sur le financement dans le secteur
du café. L’accent mis sur le commerce
équitable et le renforcement de la qualité
des grains pourrait être le signe
d’une meilleure prise en compte des
besoins et des contraintes des petits
producteurs, à côté de ceux des grandes
corporations de l’industrie du café
et des consommateurs toujours plus
nombreux.
Si le contexte largement déficitaire
cette année incite à parier sur la solidité
des cours, il est plus difficile d’établir
des prévisions à plus long terme,
le marché dépendant certes des conditions
climatiques et de sécurité en
Côte d’Ivoire, mais aussi largement
d’autres éléments difficiles à quantifier
— comme la spéculation — qui
faussent le jeu des fondamentaux.

  • Réagir :
  • Partagez :




Réagir à cet article

Restez informé(e) !

Vous pouvez vous abonner à nos publications et bulletins pour les recevoir directement dans votre boîte mail. Vous pouvez également créer des bulletins personnalisés pour recevoir les dernières informations publiées sur les thématiques de votre choix.

  •  

    Site réalisé avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie et de l’Agence française de Développement

  • AFD OIF
  • COMMENT PARTICIPER ?

    De nombreuses possibilités existent pour participer à la vie du réseau. Vous pouvez vous abonner à nos publications et créer des bulletins personnalisés.

    Abonnez-vous à nos publications

  • Vous pouvez aussi vous abonner à nos flux RSS et nous suivre sur les réseaux sociaux

  • Envoyez-nous vos contributions et vos suggestions en nous contactant !

  • CONTACTEZ-NOUS